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Sexe sanctifié: comment le soutien familial à la règle de l'Église a transformé la cérémonie de mariage en un rite religieux

Sexe sanctifié: comment le soutien familial à la règle de l'Église a transformé la cérémonie de mariage en un rite religieux

Sexe sanctifié: comment le soutien familial à la règle de l'Église a transformé la cérémonie de mariage en un rite religieux

Par Suzanne Byers

Publié en ligne, Université du Colorado, 2008

Introduction: Au cours des XIIe et XIIIe siècles, le nord de la France a subi un changement subtil mais dramatique de sa structure de pouvoir social: la régulation du mariage est tombée sous le pouvoir de l'Église. Ce changement a restructuré l’autorité aux plus hauts niveaux de la société, comme en témoigne le refus du pape Innocent III de reconnaître le divorce de Philippe II Auguste, roi de France, d’Ingeborg du Danemark. Comment le pape a-t-il acquis l’autorité de juger de la validité ou de l’invalidité du mariage de Philippe? Pour la réponse, cet essai prouvera que l'Église avait l'intention de réglementer le mariage pendant des centaines d'années, comme nous le verrons dans le débat canonique historique. Des siècles d'efforts ont finalement porté leurs fruits: l'Église a réussi à injecter le symbolisme religieux au cœur de la cérémonie de mariage, transformant ainsi une pratique familiale traditionnelle en un rite religieux. La revendication de l’autorité matrimoniale de l’Église n’aurait pu être réalisée sans le soutien actif des parents d’enfants liés au mariage. Une comparaison des études de cas en français et en anglais montrera comment l'Église a incité les familles à accepter l'autorité ecclésiastique en exigeant de presenti consentement en théorie, mais en pratique excommuniant les participants au mariage clandestin, ce qui illustre le consentement actuel contre la volonté de la famille. Enfin, cet essai examinera les pratiques matrimoniales du nord de la France à travers D.L. Cérémonies de mariage médiévales d’Avray, les contes romantiques de Chrétien de Troyes et les efforts scolaires de Georges Duby, Théodore Evergates.

En bref, nous devons aborder l'analyse historique inhabituelle de la littérature. En établissant les pratiques culturelles du nord de la France aux XIIe et XIIIe siècles, il est important de reconnaître l’influence et la popularité des contes romantiques de Chrétien de Troyes. Que nous considérions la patience exemplaire d'Enide face à la bravade exigeante de son mari Eric ou que nous admirions la remarquable endurance physique de Fenice sous la torture dans le conte de «Cligés», au moins ces histoires offrent au lecteur un regard sur le comportement idéalisé. Les récompenses et punitions narratives présentent un modèle d'approbation ou de rejet des choix de personnages. Bien que Fenice aime beaucoup Cligés, elle se soumet à la volonté de son père d’épouser l’empereur. Elle déclare: «Je ne peux pas comprendre comment celui à qui mon cœur cède peut avoir mon corps, puisque mon père me donne à un autre et je n'ose pas m'opposer à lui. Considérez que Fenice doit oser la mort pour jouir de son amant. La mort, même la fausse mort, est préférable à la désobéissance publique à son père. Son choix de désobéissance discrète résonne si profondément avec le public de l'époque que de Troyes la fait torturer par des médecins malicieux avant de pouvoir rejoindre son amant. À travers la littérature, nous pouvons voir plus clairement l’étendue de la voix des parents dans l’organisation des mariages et, par conséquent, l’importance du soutien parental dans la tentative d’autorité de l’Église sur le processus du mariage. Une analyse plus approfondie des contes de de Troyes suivra vers la fin de cet essai; pour l’instant, revenons au centre du débat canonique historique pour établir les origines et les raisons du désir de longue date de l’Église de réglementer le mariage.


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