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Concours de langues faisant autorité et rhétorique théologique d’Aquin

Concours de langues faisant autorité et rhétorique théologique d’Aquin

Concours de langues faisant autorité et rhétorique théologique d’Aquin

Jordanie, Mark D.

Philosophie et théologie médiévales, vol. 4 (1994)

Abstrait

Un cliché dans l'iconographie de Thomas d'Aquin montre le saint, abstrait, comptant des arguments sur ses doigts. L'image est clairement celle d'un effort de mémoire, mais nous, les modernes, sommes susceptibles de nous méprendre sur ce dont on se souvient. Pour nous, l'image semble montrer à Thomas se remémorant des principes et des arguments passionnants. En fait, Thomas compte sur ses doigts les termes, les sujets et les classifications appris des textes dont il a hérité. Les textes hérités parlent une multiplicité de langues. L’activité constante de l’écriture théologique de Thomas est d’affirmer leur multiplicité, il n’est donc possible de le comprendre qu’en entendant combien de langues il y a.

Les lecteurs modernes sont pour la plupart sourds au jeu de ces langues chez Thomas, pour deux sortes de raisons. D'une part, les lecteurs ignorent tout simplement qu'ils rencontrent des langues héritées - ils manquent les gestes de citation, d'allusion, d'appropriation, de correction de Thomas. En revanche, ils manquent de moyens pour comprendre comment Thomas aurait reçu ces langues. Les lecteurs modernes ont tendance à confondre la réception avec l’éclectisme, avec le fonctionnement des «sources et influences», ou pour un masquage timide d’un «système» du propre dessein de Thomas.


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